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Le collectif du village meusien a assigné Total en justice

03/02/2020
Le collectif du village meusien a assigné Total en justice

Plus d’un mois après avoir fait le buzz pour avoir reçu un recours gracieux adressé par la sous-préfecture de la Meuse l’invitant à se retirer du combat engagé contre Total , Daniel Lefort est sorti gonflé à bloc de l’officialisation de l’assignation en justice du géant pétrolier.

« On a été rejoint* par la région Centre-Val de Loire et l’association France environnement et j’en suis sorti encore plus légitime pour mener cette action », assure le maire de Champneuville. « D’autant que ça fait longtemps qu’on a passé le stade de la prévention, il y a urgence à agir face à l’inaction climatique, qui ne concerne pas que Total mais aussi l’État. »

Après une mise en demeure, le collectif a donc assigné Total en justice. « L’assignation a été délivrée à Total puis placée auprès du tribunal de Nanterre », précise Me Sébastien Mabile, du cabinet Seattle Avocats. « Le juge va alors statuer sur les éléments et les pièces présentées par les parties et le tribunal peut faire droit à toutes ou partie des demandes. »

Total génère 0,9 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre

En résumé, il est demandé à Total de publier, dans un délai de six mois, un nouveau plan de vigilance comportant quatorze mesures à appliquer afin de réduire ses émissions de gaz à effet de serre (le groupe génère 0,9 % des émissions mondiales). « On ne veut pas couler Total », prévient Daniel Lefort. « On veut demander à un pétrolier pollueur de devenir un producteur d’énergies renouvelables. Mais ça ne va pas assez vite. »

Pour la première fois le niveau de la Loire est tombé à zéro

« Aujourd’hui, le réchauffement climatique impacte notre territoire », témoigne l’élu meusien. « On subit des coulées de boue, les crues de la Meuse ont évolué et les épisodes de canicule fragilisent les forêts qui sont ravagées par les scolytes. Cet été, pour la première fois, le niveau de la Loire est tombé à zéro au niveau d’Orléans ! »

D’où l’urgence matérialisée par cette assignation en justice, une procédure qui pourrait prendre « entre un et deux ans » selon Sébastien Mabile, qui a déjà été sollicité par le bataillon d’avocats du groupe Total.